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Photo: Sara Bastien-Henri

L'arbre est très présent au Québec et au Canada, autant en milieu naturel que dans nos villes et campagnes, où il enjolive nos vies, filtre l'air, réduit les écarts de température, produit du bois, fixe du carbone et fournit un habitat pour une multitude d'organismes vivants. L'arbre est cependant souvent en conflit avec le construit humain, particulièrement au niveau du bris des équipements de distribution électrique. La Chaire permettra d'élaborer, en milieu urbain comme en milieu rural, des stratégies de déploiement et de maîtrise de la végétation arborée mieux adaptées, moins intrusives, moins coûteuses et plus efficaces, afin de les rendre plus acceptables socialement.

Quoi de neuf: Nouvelles

  • Inauguration de la forêt urbaine à Saint-Bruno-de-Montarville. L’inauguration d’une nouvelle forêt urbaine s’est tenue le 22 septembre soit durant la journée nationale de l’arbre, à St-Bruno. Cette forêt a été aménagée sur un terrain appartenant à Hydro-Québec à St-Bruno-de-Montarville, dans le cadre de la Chaire CRSNG/Hydro-Québec sur le contrôle de la croissance des arbres. Cette nouvelle plantation servira de banc d’essai au cours des 15 prochaines années pour tester un moyen de diminuer le nombre de pannes électriques liées à la végétation. L’impact de différentes techniques de maîtrise de la croissance sur ces arbres sera étudié, et l’équipe de recherche espère être en mesure d’augmenter la biodiversité dans les villes à travers la province du Québec et permettant de diminuer les travaux d’élagages. Six espèces d’arbres ont été plantées, soit l’érable argenté, le micocoulier occidental, le févier épineux, le catalpa de l'Ouest, le chêne à gros fruits et l’orme accolade. Une première phase avait été établie à l’automne dernier où 180 arbres avaient été plantés. La deuxième phase débutera dès la semaine prochaine, commençant le 12 octobre où 180 autres arbres seront plantés. Une telle étude n’a jamais été fait auparavant, ce banc d’essai constitue une première mondiale. Vous pouvez lire l'article au complet sur cette page.
  • En milieu urbain l'arbre fait face à une maîtrise de son développement par des interventions de taille lorsque celui-ci est implanté à proximité des réseaux électriques. Pourtant, quelques années après une intervention, l'espace libéré est de nouveau colonisé par de nouvelles branches ce qui nécessite une planification cyclique d'entretien relativement onéreuse. D'autant plus que ces interventions répétitives peuvent favoriser le développement de zone de faiblesse au point de coupe et ainsi remettre en question la sécurité de l'arbre. Une compréhension des principaux facteurs qui dynamisent ces réponses était nécessaire afin d'optimiser les intervalles de retour d'entretien tout en garantissant des arbres sains et sûrs sous les réseaux électriques. C'est ce que Guillaume Perrette, nouvellement docteur depuis 2020 a pu démontré dans sa thèse intitulée: “Adaptation et gestion de l'arbre sous les réseaux électriques en milieux urbains : caractérisations des facteurs qui influencent les réponses physiologiques post-intervention de taille”. Ses résultats montrent qu'une faible intensité de taille réalisée durant la période de croissance couplée avec un inventaire préalable de l'état de santé des arbres, tout en prenant soin techniquement de ne pas réaliser une réduction de la tige principale d'un arbre sur un départ de branche dont l'inclinaison est horizontale seront garant d'une optimisation des intervalles de retour d'entretien tout en maintenant des arbres sains et sûrs sous les réseaux électriques.
  • Acclimatation des arbres aux émondages autour des réseaux électriques, est sur quoi, Bastien Lecigne, avait travaillé lors de son doctorat. Vous pouvez retrouver son projet sur sa page à l'axe 1. Bastien est aussi nouvellement docteur ayant défendu sa thèse à l'hiver dernier. Il commence un stage postdoctoral pour la Chaire.
  • La gestion des arbres autour des réseaux électriques impose de réaliser des émondages visant à supprimer les branches susceptibles d'entrer en contact avec les lignes. Cependant, l'effet de ces émondages sur la croissance des arbres et sur le volume de leur couronne est mal connu. Nous avons utilisé la technologie LiDAR (light detection and ranging), qui permet d'obtenir des images 3D des arbres, afin d'étudier la façon dont les arbres, émondés ou non, explorent l'espace et si des différences existent entre ces deux catégories. Nous avons également mesuré la croissance secondaire du tronc (la croissance en diamètre) grâce à des analyses dendrométriques, afin de vérifier l'effet à long terme des émondages sur la croissance des arbres. Les résultats montrent que l'émondage entraîne une perte de 12.8 % du volume de la couronne en moyenne. Cependant, les arbres émondés peuvent compenser ces pertes en seulement une année grâce à des taux d'accroissement du volume de la couronne presque trois fois supérieurs à ceux des arbres non émondés. Ceci est rendu possible par une acclimatation des arbres à des émondages répétés, provoquant une modification de la direction de la croissance vers l'extérieur de la couronne et loin des fils. Cette acclimatation permet aux arbres émondés de maintenir des taux de croissance constants et similaires à ceux d'arbres non émondés à long terme.